récit d'une mission au Congo

récit d'une mission au Congo

"anamorphosis"

par michael van overstraeten

les transports

le quotidienPosted by Michael 16 Oct, 2007 12:42:05
Véritable casse-tête pour la plupart des kinois, les transports restent très compliqués. Presque aucun bus, pas de taxis organisés, alors quelles solutions pour se déplacer en ville, ou pour conduire ses enfants à l’école ?

En réalité, il existe bien des taxis collectifs, sorte de covoiturage dans des voitures particulières. Ils tournent sur les axes principaux pour transporter leurs clients qui, selon la distance, paieront entre 100 et 500 francs congolais par personne.
Considérant la forte pénurie de transport, cela reste la loi du plus fort pour y trouver une place, ou encore des heures d’attentes sur les arrêts improvisés. Et lorsqu’une place aura été trouvée dans un taxi, on y sera bien souvent entassés les uns sur les autres.

Quand aux véhicules, il s’agit donc de voitures ou de camionnettes transformées en minibus par la perforation de fenêtres circulaires dans la tôle et par l’installation de quelques chaises. Leur état est souvent extrêmement dégradé, de véritables épaves. Mais voilà c’est sans doute là, par la force des choses, l’un des talents les plus développés au Congo : la mécanique. Difficile parfois de croire que ces véhicules sont encore en état de marche, et pourtant ils roulent.
Notons aussi que ces épaves qui en Europe ne vaudraient pas plus de 100€ sont ici vendues entre 1000 et 3000$ - importation oblige.

Depuis les élections, une tentative de régulation est cours. Le nombre maximum de passagers dans une voiture berline a été ramené à cinq. Le gouvernement provincial de Kinshasa a par ailleurs imposé aux ‘taxis’ de s’identifier par la peinture des couleurs nationales sur la carrosserie (bleu, rouge, jaune). Seulement cette instruction restant très vague, chaque taxi en a eu sa propre interprétation.
Si aujourd’hui on retrouve généralement ces trois couleurs, aucun taxi ne se ressemble, parfois bleu au-dessus, parfois jaune, bande rouge sur le côté, sur le toit, sur le capot, ou encore ailleurs. Finalement, cette mesure visant à embellir le paysage urbain par une uniformisation, a été mise au frigo. D’autant que le coût (+/- 250$) était inabordable pour beaucoup de taxis.

Outre les voitures, la marche reste le mode de transport le plus courant. Avec ses 8 millions d’habitants les rues de Kinshasa grouillent de monde.

Quand aux voyages vers les autres villes provinciales, après la disparition des routes, les transports aérien ou fluvial sont ici les seules solutions même si leur fiabilité est très variable. Les accidents aériens sont nombreux, plus particulièrement avec les cargos Antonov.
Certaines ONGs interdisent à leur personnel d’utiliser tous les avions mis sur la liste noire de l’Union Européenne (c’est-à-dire tous, sauf deux), avec pour résultat qu’ils devront parfois transiter par l’Afrique du Sud pour par exemple se rendre à Lubumbashi.
De notre côté et ‘dans la mesure du possible’, nous avons décidé d’éviter les cargos Antonov, malheureusement certaines régions ne sont accessibles que par ce biais.

Mis à part les risques d’accidents, c’est le respect des horaires qui pose problème. Pour ma mission à Kisangani par exemple, l’heure de départ avait été changée 3 fois la veille et le jour du décollage.
Autre exemple plus déplaisant, au retour de notre réunion annuelle, le docteur de la province du Tanganyika est resté bloqué 3 semaines à Lubumbashi en transit vers Kalemie faute de kérosène pour les avions…

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