récit d'une mission au Congo

récit d'une mission au Congo

"anamorphosis"

par michael van overstraeten

les risques

le contextePosted by Michael 24 Aug, 2007 23:19:33

Quelle est la situation aujourd’hui et quelles sont les perspectives d’avenir ?

Commençons par préciser à nouveau que ces guerres ont complètement anéanti ce Congo qui souffre décidément tellement d’être si riche. Plus de routes ou d’infrastructures et donc plus de production, un état inexistant, une seule préoccupation subsiste pour la grande majorité des congolais : l’alimentation et la survie…

Rappelons donc aussi que cette situation n’est pas due, comme certains pourraient le penser, à un manque de volonté, de travail, ou de 'bonne gouvernance'. Les congolais sont compétents, travailleurs, et décidés à construire une grande nation. Cela dit, les puissances militaires régionales, ou les puissances économiques mondiales le permettront-elles ?

Mais revenons-en à la situation actuelle et aux risques potentiels.

La situation à l’est du Congo attise toujours les tensions avec le Rwanda voisin. Je m’en réfère pour illustrer cela au discours du ministre des affaires étrangères rwandais de ce jeudi qui comparait la présence des réfugiés hutus au Congo à Al Qaeda, soit une menace qu’il faut éliminer à tout prix. Les rébellions qui subsistent sont toujours en partie soutenues par le Rwanda qui accuse les FARDC (‘Forces Armées de la République Démocratique du Congo’) de ne pas parvenir à, ou de ne pas vouloir, désarmer et contrôler les FDLR (‘Forces Démocratiques de Libération du Rwanda’) – les anciens génocidaires.

En parallèle, les congolais voient d’un très mauvais œil le retour des réfugiés Banyamulenge (Tusti du Congo) qui avaient fuit des massacres perpétrés par des Hutus et certains soutiens congolais. Pour preuve, le UNHCR (‘Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugies’) avait dû se retirer de Moba dans l’est du pays suite à campagne de désinformation les accusant de faire venir au Congo des Tutsi étrangers.

Enfin, en marge des tensions dues à des forces militaires ou milices organisées, il convient d’imaginer ce qui peut arriver avec les petits groupes de soldats démobilisés et non-payés. Ils errent dans la brousse la recherche de ressources, c’est-à-dire bien souvent au travers de pillages et autres exactions.

Du point de vue politique et à Kinshasa, ces derniers jours ont été marqués par plusieurs décès de conseillers proches du président. Sans doute trop pour que les congolais puissent encore croire à des coïncidences d’autant que l’empoisonnement semble avoir été fréquemment utilisé, entre-autres sous Mobutu, pour éliminer les rivaux. Les rumeurs sont donc nombreuses, ambitions personnelles de certains ou réelle tentative de déstabilisation de l’Etat, l‘avenir le dira peut-être.

Il reste que le sentiment qui continue de dominer est l’espoir et la joie de la paix retrouvée.

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