récit d'une mission au Congo

récit d'une mission au Congo

"anamorphosis"

par michael van overstraeten

le délestage

le quotidienPosted by Michael 05 Oct, 2007 12:55:47
Le délestage est la ‘technique’ par laquelle la SNEL (Société Nationale d’Electricité) réparti les approvisionnements en courant. En clair, il s’agit de couper certains quartiers pendant quelques heures afin d’en approvisionner d’autres. Cette ‘technique’ est plus particulièrement mise en œuvre pendant la saison des pluies en raison des fortes chaleurs et des besoins en énergie des climatiseurs. Il ne sera donc pas rare de devoir faire face à ces fausses pannes, même ici dans le quartier de la Gombe qui est pourtant privilégié.

D’autre part, bien évidemment, il faudra également mentionner les nombreuses ‘vraies’ pannes. Elles-aussi sont plus fréquentes pendant la saison des pluies, l’eau endommageant les installations et favorisant les courts-circuits.
Cela dit, même sans pluies, la disponibilité de l’électricité est loin d’être garantie. Dans les 5 derniers jours (secs), je n’ai eu que quelques heures d’approvisionnement. Je ne regrette donc pas d’avoir racheté un petit groupe électrogène, même si je ne compte l’utiliser que très rarement. Je considère en effet que ces petits désagréments font partie du jeu et du charme du Congo…

De l’énergie pourtant, la République Démocratique du Congo n’en manque pas. Avec un fleuve qui a le plus grand débit au monde après l’Amazone, et avec ses innombrables affluents, le potentiel en énergie hydraulique est immense. Les barrages Inga (http://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_d'Inga) sur le fleuve Congo en sont un bel exemple sauf qu’aujourd’hui, faute d’entretien, seules quelques turbines fonctionnent encore, soit moins de 10% de la capacité. Des projets de réhabilitation, ou de construction de nouveaux barrages existent, mais ce sont bien sûr à nouveau les fonds qui manquent. Cette énergie est pourtant une richesse de plus au Congo, et permettrait d’alimenter presque toute l’Afrique centrale.

L’autre gros problème c’est la vétusté des infrastructures de transport de l’énergie.
Il y a bien eu quelques réalisations spectaculaires sous le régime de Mobutu, comme la ligne Inga-Shaba, la plus longue ligne haute tension du monde sur une distance équivalente à Londres-Athènes. L’objectif derrière ce projet était d’ailleurs surtout politique. Il s’agissait de faire dépendre la province minière du Katanga de l’énergie produite par le gouvernement central, et ainsi de contrarier les velléités séparatistes.
Cette réalisation reste néanmoins une exception. Il est par exemple plus rentable de racheter de l’énergie à l’Ouganda pour alimenter la province de l’Ituri que de construire des lignes de transport au départ des nouveaux barrages actuellement en construction dans le Kasai. C’est donc cette option qui a été retenue par le gouvernement.

Enfin, pour conclure sur les difficultés liées à l’énergie, citons encore les problèmes de variation de tension. Elles sont telles que tout appareil électrique devra être branché sur un stabilisateur et parfois un onduleur sous peine de griller. Malgré ces précautions, le nombre d’ordinateurs que nous recevons en réparation avec une alimentation ou une carte mère grillée reste encore très important…

Bref aujourd’hui, moins de 10% des congolais ont accès à l’électricité et certaines régions en sont totalement dépourvues. Les groupes électrogènes et problèmes liés à l’électricité dans nos coordinations provinciales sont donc un des aspects les plus critiques dont j’ai la responsabilité.

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