récit d'une mission au Congo

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"anamorphosis"

par michael van overstraeten

la maison

le quotidienPosted by Michael 11 Sep, 2007 09:36:33

Après six semaines d’activité, j’ai enfin pu intégrer mon logement définitif. J’aurai finalement repris le bail de la maison occupée jusque là par mon prédécesseur. Une maison ? Oui, une maison. Me voilà fort éloigné de mes idéaux où je m’imaginais dans un modeste appartement non loin des quartiers populaires. Alors qu’a-t-il bien pu se passer ?

Kinshasa est une grande ville, une très grande ville. Kinshasa vit sous une agitation constante. Les kinois sont pauvres, très pauvres. Si vous avez lu mon article sur « les premiers contacts », vous commencerez peut-être à comprendre pourquoi il serait virtuellement impossible pour moi, un blanc, de vivre en milieu populaire à Kinshasa.

Alors il reste la Gombe, ce quartier du centre de Kinshasa qui abrite les administrations, les institutions internationales, et au côté des rares kinois riches… les expatriés. Le choix du quartier s’est donc imposé malgré moi, même s’il offre bien sur des avantages. La proximité du bureau par exemple; fait non négligeable quand on mesure l’ampleur des embouteillages sur les deux ou trois routes principales encore ouvertes. Et puis aussi, la meilleure régularité de l’approvisionnement en électricité ou en eau.

Gombe, soit. Mais une maison ? Et bien c’est qu’avec le retour des nombreuses ONG et l’omniprésence des Nations Unies, les prix sont devenus grotesques tellement ils sont disproportionnés. Un bref sondage sur les prix des appartements disponibles a rapidement contribué à me convaincre. Et il vrai que c’est choquant de voir les appartements loués entre 2000€ et 6000€ dans une ville ou plus de 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté…

L a reprise d’un bail existant pour la maison m’a donc permis de rester bien en deçà de ces prix indécents. Mais me voilà donc tel un colon, barricadé dans une maison trop grande pour moi, sur une parcelle bordée de murs de 2m surmontés de barbelés.

Il est vrai que vu ma charge de travail et l’oppression constante de l’agitation et des embouteillages en ville, je ne serai pas mécontent de trouver un peu de quiétude dans cette maison. Mais tout de même, de ce point de vue, je me retrouve assez loin de mes idéaux.

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